Qui je suis
Un constructeur de systèmes.
Je m'intéresse moins aux objets qu'aux mécanismes qui les produisent. Aux causes, aux structures, aux principes qui permettent de reproduire un résultat. Et, depuis toujours, à une question : comment fait-on pour qu'une organisation décide juste ?
A·MOEUF - Formation
- Ingénieur ENSMM · Docteur ès sciences industrielles
- Spécialité
- Industrie 4.0 · stratégie · IA
- Recherche
- 2 800+ citations
- Aujourd'hui
- Repreneur · 2M Technologies
J'ai commencé par la recherche. Ingénieur mécanicien de formation, j'ai fait une thèse industrielle sur l'Industrie 4.0 dans les PME — pas dans un laboratoire isolé, mais au contact des ateliers, en déployant ce que j'étudiais. Mon jury a résumé d'une phrase ce que j'essaie de faire depuis : faire le pont entre l'industrie et la recherche.
J'aurais pu rester du côté des idées. J'ai choisi le terrain. Huit ans dans un groupe industriel international, de l'industrialisation à la direction de production. Des transformations qui se mesurent : sur ma première ligne, comme master planner, le taux de service est passé de 45 % à 100 % en six mois ; une autre, que je dirigeais, a gagné 350 k€ de marge en six mois ; une « tiger team » a réduit les stocks du groupe de 8 % en quatre mois. J'y ai appris la leçon qui commande tout le reste : les problèmes viennent rarement d'un manque d'intelligence des individus ; ils viennent de systèmes mal conçus. Mauvaises organisations, mauvaises incitations, décisions prises à l'intuition quand la donnée existe.
Deux modes, une discipline
Je fonctionne en alternance. L'exploration d'abord : lire large — philosophie, IA, économie, histoire, industrie —, débattre, remettre en question. Puis l'exécution : une fois la direction prise, agir vite, et attendre le même engagement des autres. Ce qui m'épuise n'est pas la difficulté, c'est la stagnation. Je préfère une vérité inconfortable à un consensus confortable.
La technique ne suffit jamais
On me croit obsédé par les systèmes ; je le suis. Mais un système n'existe que par les femmes et les hommes qui le font tourner. La meilleure architecture logicielle ne vaut rien si elle déresponsabilise le technicien qu'elle devait servir. C'est pourquoi je conçois des outils pour les gens du métier — pour rendre le compagnon plus efficace, jamais pour le remplacer par une procédure.
Aujourd'hui
Je suis repreneur. Avec mon frère Mikhael, mon associé, nous reprenons et transformons des PME industrielles au sein de 2M Technologies. Lui tient l'atelier et les machines ; moi, le système et la stratégie.
L'école avait classé Mikhael. « Tu finiras sous les ponts » — voilà ce que ses professeurs lui promettaient. Il a passé un bac pro, puis il est allé apprendre là où ça compte vraiment : sur le terrain, les mains dans les machines. Quinze ans plus tard, c'est un expert incontournable et un meneur d'équipe que personne ne discute. L'institution qui le notait l'avait jugé sans avenir ; l'atelier, lui, a révélé tout ce qu'elle n'avait pas su voir.
Son histoire dit, en miniature, toute ma conviction : le talent ne manque presque jamais — ce sont les systèmes qui passent à côté. Ensemble, nous réunissons les deux moitiés qu'on sépare trop souvent : le terrain et la stratégie, l'atelier et les nouvelles technologies. Pas pour faire une licorne, mais pour bâtir un groupe industriel durable — des entreprises techniquement excellentes qui partagent leurs systèmes, leurs méthodes et leur IA sans rien perdre de leur proximité.
Au fond, un seul fil relie l'ERP, la reprise, l'IA et les réflexions que je publie ici : construire des systèmes où la technologie augmente durablement le jugement humain, pour transformer des entreprises ordinaires en organisations d'excellence — et contribuer, à mon échelle, à la réindustrialisation de la France.
Le parcours en détail